Un
derby fermé à double tour
Saint-Etienne ne sera pas le premier à faire tomber Lyon
cette saison puisqu’il a dû se contenter d’un nul (0-0)
au terme d’une rencontre avare en spectacle. Seule
petite consolation, les Verts sont les premiers à
empêcher l’OL d’inscrire un but.
Par Cédric Callier
Plein comme un œuf, Geoffroy-Guichard ne rêvait qu’à une
chose avant ce 83e derby de l’histoire entre
Saint-Etienne et Lyon : être le premier à assister à la
chute de l’invincible OL, qui ne s’est toujours pas
incliné depuis le début de la saison et ce, quelque soit
la compétition. Un succès qui ferait oublier en un clin
d’œil à leurs supporters les difficultés actuelles des
Verts, qui n’ont plus gagné un match depuis quatre
journées et un succès à Strasbourg (0-1). Pour Lyon,
au-delà de sa faim inextinguible de victoire, un succès
aurait été synonyme de 14 points d’avance sur le dauphin
auxerrois. Fidèle au plan de jeu fixé par Gérard
Houllier, les Olympiens cherchaient d’emblée à imposer
leur rythme posé, fait de nombreuses passes courtes et
de brusques changements avec de longs ballons distillés
le plus souvent par Juninho ou Diarra.
Des Stéphanois impuissants
En face, les Stéphanois ne savaient pas comment s’y
prendre. Leur fallait-il se lancer dans un pressing très
haut au risque de laisser des espaces à Carew et consort
? Ou bien devaient-ils attendre leur adversaire pour
tenter eux-mêmes de placer quelques contres par
Piquionne ou Feindouno ? A force d’hésiter, les
Foréziens ne faisaient aucun choix et laissaient les
Lyonnais s’installer tranquillement dans la rencontre.
Monopolisant le ballon grâce à leur excellente
circulation de balle, les visiteurs allaient également
se créer deux belles possibilités d’ouvrir le score.
D’abord
sur un superbe débordement sur la droite de Govou qui
centrait vers Wiltord. L’ancien Bordelais tentait une
reprise difficile que Diawara déviait juste à côté du
but de Janot (8e). Puis sur une action assez similaire,
sauf que cette fois Réveillère jouait le rôle du
centreur, et Carew celui du tireur. Vigilant, Janot
devait s’employer pour repousser la tentative en corner
(17e).
Incapable de déployer son jeu habituel, Saint-Etienne en
était réduit au rôle de spectateur et devait attendre la
34e minute pour adresser sa première frappe cadrée du
match. Elle était l’œuvre de Perrin et finissait sa
course dans les bras d’un Coupet
très proche de finir congeler dans ce premier acte.
Juste avant la pause, son homologue stéphanois, lui,
avait l’occasion de se réchauffer sur une frappe de
Juninho qu’il sortait des deux poings (44e). Avant que
Carew n’expédie sa reprise de la tête dans les travées
de Geoffroy-Guichard qui ne demandait qu’à s’enflammer
en seconde période. Bien décidés à offrir autre chose à
leur public, les Verts repartaient donc en seconde
période avec des intentions plus offensives. Sablé et
Zokora montaient d’un cran et l’OL peinait à conserver
le ballon comme lors de l’acte précédent.
Coupet impérial sur son seul arrêt
Malheureusement, des intentions à leur réalisation, il y
a bien souvent un monde et l’ASSE ne parvenait pas à
s’approcher du but de Coupet ou à déséquilibrer cet
impressionnant bloc rhodanien. Pire, Juninho n’était pas
loin de crucifier les Stéphanois sur un coup franc dont
il a le secret, à plus de 30 mètres. Janot veillait et
boxait le ballon au-dessus de sa transversale (53e).
Diawara
répliquait à ras de terre pour les Verts. Sans danger
pour le gardien des Bleus (60e). S’imposant petit à
petit au sein du onze de départ forézien, Perrin
essayait bien de dynamiter l’arrière-garde lyonnaise.
Mais sa frappe en pivot, déviée par un défenseur
lyonnais, était sortie par une superbe parade de Coupet
(71e). Une occasion de but pour Saint-Etienne qui allait
hélas s’avérer être la dernière.
En effet, dans une fin de rencontre cadenassée à double
tour par une équipe lyonnaise d’une maîtrise et d’une
assurance impressionnantes, les Stéphanois ne se
créaient plus le moindre semblant d’opportunité
d’enflammer ses 36000 spectateurs, qui rêvaient
certainement d’un autre scénario… Et surtout d’un autre
spectacle. Pour la première fois de la saison, l’OL
n’inscrit donc pas le moindre but et doit se contenter
d’un résultat nul (0-0) en terre forézienne. Néanmoins,
ce petit point permet aux hommes de Gérard Houllier de
repousser le dauphin auxerrois à 12 longueurs avant
d’accueillir Lille. Pour Saint-Etienne, malgré une envie
de bien faire évidente, le voisin rhodanien était une
proie trop coriace et ce cinquième match sans succès
confirme la rentrée dans le rang des Verts. Qui joueront
le week-end prochain un sommet du milieu de tableau à
Rennes.
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