Serein
comme un Lyon
Lyon a parfaitement
entamé son année 2006 avec une large victoire sur la pelouse de Strasbourg
(0-4). Sylvain Wiltord, auteur d'un triplé, conforte la place de leader de l'OL
alors que le Racing s'enfonce.
Par Julien Pedebos
Après une salutaire trêve hivernale, retour aux joutes de la Ligue 1 avec la
rencontre opposant le RC Strasbourg à l’Olympique Lyonnais. Entre une équipe qui
n’a pas réussi à s’imposer chez elle cette saison, et une formation invaincue à
l’extérieur, le résultat semblait couru d’avance, mais les Alsaciens, lancés
dans la course au maintien, voulaient tout faire pour contrecarrer les
pronostics.
Le réalisme à la lyonnaise
La rencontre débutait sur un faux rythme, comme si la pression de cette rentrée
des classes coupait les velléités des deux équipes. La première opportunité
arrivait néanmoins rapidement. Un coup franc de Juninho, à trente-cinq mètres
face aux buts, prenait une trajectoire vicieuse. Un rebond dans les six mètres
obligeait Nicolas Puydebois à repousser le ballon et Wiltord, à l’affût, ne
manquait pas l’occasion d’ouvrir le score de la tête (0-1, 6e). Ce but lançait
définitivement la rencontre et Sylvain Wiltord, particulièrement actif, était
tout près de profiter d’un ballon récupéré à la limite de la surface pour
doubler la mise. Heureusement pour Strasbourg, Haggui, au point de penalty, se
jetait pour repousser la frappe de l’ancien Gunner (9e). John Carew se mettait à
son tour en évidence quand Juninho, sur un corner, lui déposait le ballon sur la
tête. Le Norvégien touchait du bois, au grand soulagement d’un Puydebois
visiblement battu (11e). Strasbourg allait néanmoins réagir, et Mickaël Pagis,
en bon capitaine, se chargeait de réveiller les siens. A vingt mètres du but de
Grégory Coupet, l’ancien nîmois récupérait le ballon pour armer une frappe de
l’extérieur du pied, qui passait de peu au dessus (13e).
Le rythme baissait nettement par la suite et seul Tiago, d’une volée de peu à
côté suite à un bon travail de Govou, se procurait une opportunité intéressante
avant la fin des vingt premières minutes (19e). Par la suite, John Carew se
révélait encore dangereux sur corner, toujours tiré par l’inévitable Juninho. Au
premier poteau, le Norvégien prenait encore le dessus sur la défense alsacienne,
mais le ballon filait juste au dessus (26e). Le Racing essayait tant bien que
mal d’inquiéter un bloc lyonnais d’une effrayante solidité et Pascal Johansen,
d’une astucieuse balle piquée dans la surface, était tout près de placer le
ballon dans le but des Gones, mais Coupet captait finalement la balle (37e). Peu
après, Jean-Christophe Devaux, sur un coup franc lointain, adressait une frappe
lourde détournée par le mur. Le ballon rebondissait dans la surface avant d’être
capté par Coupet, vigilant sur ce coup là (39e). Les Lyonnais, impressionnants
de réalisme, allaient néanmoins doubler la mise dans la meilleure période
alsacienne. D’un long ballon aérien, Cris lançait parfaitement Berthod dans le
dos d’une défense strasbourgeoise incroyablement apathique. Le temps de se
replacer sur son pied gauche et le jeune latéral, dans la surface, ouvrait bien
son pied pour ajuster Puydebois (0-2, 42e). Au terme de quarante-cinq minutes
parfaitement gérées, les quadruples champions de France pouvaient donc
tranquillement regagner les vestiaires, sous les yeux de Strasbourgeois
logiquement abattus.
Wiltord
crucifie Strasbourg
Les Strasbourgeois, malgré un optimisme visiblement mesuré au retour des
vestiaires, s’évertuaient à repartir par le bon bout. Pontus Farnerud, profitait
d’un centre parfait de Deroff pour, au premier poteau, envoyer une tête croisée
qui passait juste à côté des cages de Coupet (46e). Sur l’action suivante,
Deroff, de nouveau, centrait à ras de terre. Le ballon filait dans la surface
jusqu’à Pagis. Etonnamment seul, le numéro 9 alsacien expédiait assez
inexplicablement le ballon sur Grégory Coupet qui n’en demandait pas tant, et
repoussait la balle hors de ses cages (49e). Les Lyonnais, certainement un peu
endormis par la chaleur de leur vestiaire, semblaient à la peine. Néanmoins, ils
restaient menaçants, notamment par Tiago qui, décalé par Govou sur la droite de
la surface, armait une frappe bien captée par Puydebois (55e). Quelques minutes
plus tard, Sylvain Wiltord héritait du ballon à trente mètres du but
strasbourgeois. Le numéro 22 lyonnais s’avançait sans être embêté par la défense
alsacienne, et d’une frappe du pied droit, plaçait le ballon dans le coin gauche
(0-3, 55e).
Tant bien que mal, les Strasbourgeois essayaient par la suite de sauver
l’honneur, mais que ce soit Pagis, sur un nouveau face à face manqué avec Coupet
dans la surface (67e), ou Diané, qui butait à son tour dans les seize mètres sur
le portier international (69e), aucun Alsacien ne parvenait à tromper la
vigilance lyonnaise. Au contraire, sur un enième contre, Benoît Pedretti, tout
juste rentré, lançait Sylvain Wiltord dans la profondeur. «Nino», après un
contrôle parfait, éliminait impeccablement Puydebois, sorti à sa rencontre,
avant d’inscrire le but du triplé pour lui (0-4, 74e). Les Lyonnais se
contentaient par la suite de gérer tranquillement leur avantage, s’offrant même
une belle opportunité par Govou, qui, lancé sur le côté droit de la surface
armait une demi-volée bien captée par Puydebois (86e). Dans les arrêts de jeu,
Juninho à vingt mètres, tentait à son tour sa chance, mais sa frappe de vingt
mètres était détournée par Puydebois (90+1e). L’arbitre sifflait la fin du match
sur une victoire convaincante qui offre, avant la fin de cette journée, quinze
points d’avance aux Lyonnais, tandis que les Strasbourgeois s’enlisent dans la
position de lanterne rouge. La prochaine journée verra Lyon recevoir Marseille
et Strasbourg se rendre à Monaco.
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